Notre relation aux écrans et leurs effets

Notre relation aux écrans est de plus en plus étroite. En 2016, les études comptent 10 écrans en moyenne par foyer. Les écrans sont omniprésents dans notre quotidien et celui de nos enfants. La dernière étude Ipsos “Junior Connect” qui porte sur les jeunes de moins de 20 ans en atteste. Ainsi,

“Junior Connect’ 2017 met en lumière une génération Z toujours plus équipée et qui passe de plus en plus de temps devant les écrans. Ainsi, l’étude révèle que les 13-19 ans sont connectés en moyenne 15h11 par semaine, soit 1h30 de plus qu’en 2015. Les plus jeunes ne sont pas en reste puisque les 7-12 ans passent en moyenne 6h10 sur le web par semaine (+45min vs 2015) et les 1-6 ans 4h37 (+55 min).

Cette tendance s’accompagne d’une progression du taux d’équipement en smartphone, surtout auprès des 13-19 ans qui sont maintenant 81 % à posséder leur propre smartphone, contre 77 % l’an dernier. Les familles aussi se digitalisent, puisque 59 % des foyers avec enfants (vs 57 % l’an dernier) sont maintenant équipés d’une tablette.”

Mais attention, ces chiffres n’annoncent que le temps passé sur le web. Or, pour les 7-12 ans qui y passent en moyenne 6h10 par semaine, cela implique déjà 53 minutes par jour. A ces chiffres, il faut ajouter le temps passé devant la télévision ou les jeux vidéos non connectés (sur smartphone, tablette et autres consoles) pour se faire une idée du temps moyen par jour devant un écran. Quand on sait que les études de 2012 indiquaient 3h30 d’écrans par jour pour les 7-12, la seule augmentation du temps passé sur internet (+45 min par semaine) a de quoi nous inquiéter.

Les chiffres pour les plus jeunes sont rarement annoncés, mais cette étude “Junior Connect 2017” précise que les 1-6 ans passent en moyenne 4H37 sur internet par semaine (contre 2H10 en 2012). Soit une consommation de presque 40 minutes par jour sur le web pour les enfants de 1 à 6 ans. Temps moyen qui a doublé ces 5 dernières années.

L’exposition précoce et intensive aux écrans est de plus en plus en fréquente. Et les fabricants de jouets l’ont bien compris. La place prise par les tablettes dites “éducatives” dans les catalogues de jouets a explosé. Une enquête réalisée en février 2016 par l’Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA) indique que 47 % des enfants de moins de 3 ans utilisent des écrans interactifs (tablette, smartphone, ordinateur ou télévision). Or, comme aime le rappeler Michel Desmurget – neuroscientifique à l’Inserm et auteur de Tv Lobotomie – dans une interview du jeudi 16 mars dans Sud-Ouest, “Si vous avez des gosses et que vous les aimez, observez le zéro écran le plus longtemps possible. Par contre, si vous détestez vos gosses, exposez-les : la relation entre consommation d’écrans et retard de développement intellectuel est plus forte que la relation entre tabagisme et cancer du poumon.

Du temps volé

Ce temps passé devant les écrans est au détriment du temps passé à jouer, à être en interaction avec les autres, avec les objets qui entourent l’enfant. Autant d’éléments qui lui permettent de se construire pleinement. “Ces carences trouvent alors une expression pathologique avec des troubles logico-mathématiques, des retards de langage, des troubles de l’attention qui nécessiteront tous une prise en charge spécfique : c’est pourquoi les écrans deviennent à mon sens une vraie question de santé publique.” nous rappelle C. Vanhoutte (orthophoniste membre de “joue, pense, parle) lors d’une table ronde pour le comité national de l’enfance.

Articles à consulter pour en savoir plus

Ecrans en veille, enfants en éveil

Mouvement de sensibilisation lancé par des professionels de l’enfance et de l’adolescence sur le site yapaka.

L'abus d'écrans nuit aux enfants

Article du journal “Le Monde sciences et médecine” du 26 octobre 2016

L'enfant et les écrans : entre addiction et temps volé

Article de Sabine Duflo dans la revue “Médecine et enfance” de septembre 2016.

L’intrusion des écrans chez le nourrisson et le jeune enfant

Intervention de C. Vanhoutte lors d’une table ronde au comité national de l’enfance.

Quelques vidéos